interview bd


Hermann, je vous poserai quelques questions d'ordre général, mais d'abord, nous pourrions aborder le thème du parricide, proposé par votre propre fils.
Hermann : C'est une question qu'il faut lui poser et il confirmera certainement ce que je vous dis, mais ce choix n'est pas lié à un conflit quelconque. C'est à peine s'il y a eu deux ou trois enguelades entre nous durant toute son adolescence. Ce qui est une chose très saine : c'est bon qu'il y ait un certain conflit. Entre lui et moi, il n'y a pas eu de période conflictuelle, il n'a jamais fui la maison, il était très bien.

hermann, the father - © Laurent Ryder

Dans la famille Hermann, voici le père...

Tout comme dans "Lune de Guerre", il y a quand même un côté très-très sombre dans "Liens de sang". Est-ce votre vision du monde ? Je vois que vous appréciez beaucoup "Brazil", que vous semblez ne pas trop aimer l'humanité, même si vous aimez l'humain...
Hermann : J'aime les gens, je n'aime pas l'humanité globalement, c'est exact et le spectacle qu'elle m'offre, car je crois qu'elle aurait pu être mieux que ça. Je crois aussi qu'actuellement elle est pire qu'avant : c'est le triomphe de l'indifférence, de l'égoïsme, du fric avant tout. Je n'ai pas dit que c'est l'état de tout le monde, mais il y a une trop grande présence d'une certaine... je ne sais pas si c'est une influence américaine, je ne crois pas. C'est une décadence. Depuis les années 60 et quelque chose, on a attribué ça à la crise économique. Ce n'est pas la crise économique, au contraire, c'est le bien-être matériel qui a conduit à cette déliquescence. Ce sont les parents qui ne s'occupaient plus de leurs gosses à qui on pardonnait tout. C'est cet espèce d'esprit de gauche... notez que je ne suis ni de gauche ni de droite. Mais il y a une tendance à déculpabiliser le moindre larcin, de se dire que c'est normal après tout si l'on vole... c'est à la disposition, c'est là devant vous et si vous ne pouvez pas vous l'offrir, vous le volez. Cette déculpabilisation, ça conduit à une espèce de dégénérescence, d'incivisme de plus en plus poussé qui mêne à l'indifférence. Je crois qu'on en est là.


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